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2 jours de bootcamp avec Bonnie D.Stroir – Jour 2

Après une matinée de grass’ mat’, une petite ballade dans Knoxville avec goûter en prime, nous voilà reparties dans la campagne et le skating-center fluo pour notre deuxième jour de bootcamp avec Bonnie D.Stroir.

Donc nous voilà en train de nous préparer, Bonnie toujours à côté de nous et là elle m’interpelle en me demandant si c’est moi qui tient ce blog en français sur le roller derby… là vous imaginez ma tête et ma surprise… Bonnie D.Stroir connaît l’existence de mon blog?? Je réponds un petit oui timide et au fond toute contente qu’elle en ai entendu parler, et elle m’enchaîne en deux minutes un discours pour me motiver, en me disant que c’est génial ce que je fais, qu’il faut que je continu à partager mon expérience aux US, que si je rentre il faut que j’aille visiter des ligues, que mon niveau importe peu et qu’il est assez haut pour que je puisse me permettre d’aider d’autres ligues, que tout ce que j’ai appris ici, tous les petits conseils que j’ai eu sont primordiaux et que je me dois de les partager avec les gens autour de moi à mon tour. Elle me parle aussi de la grande surprise qu’ont eu les équipes Nord-Américaines lors de la Coupe du Monde. Elles ont étaient heureuses de voir le niveau et la motivation de toutes ces équipes Européennes, mais elles ne pensaient pas qu’un écart aussi grand existait et qu’elles s’étaient rendu compte que tout le monde avait eu un électrochoc (positif bien sûr) en voyant ce qu’était vraiment le roller derby aux US. Mais elle savait que cette coupe du monde avait motivé les Européennes plus que jamais et elle est persuadée qu’un jour nous arriverons à un niveau de compétition très haut. En peu de temps, elle a su me montrer qu’en se serrant tous les coudes et qu’en partageant notre savoir nous deviendrons plus fort et qu’il était nécessaire d’arrêter de se faire sous-estimer par certains, que même si notre niveau n’est pas dans les meilleurs, rien ne nous empêchait d’aider les autres si on avait une certaine expérience et qu’on restait humble! Après avoir voulu savoir comment je m’étais retrouvée au fin fond des États-Unis, on s’est aperçu qu’elle venait de la même petite ville Californienne que ma famille, et m’a motivée pour aller m’entraîner avec les Derby Dolls fin avril!! (Donc mort imminente sur le banked programmée le 26 avril 😉 )

Revenons-en à nos moutons, le bootcamp! Première partie de cette dernière soirée, et après avoir ré-appris à bloquer seuls, elle nous a donné des conseils concernant notre comportement lorsque notre blocage positionnel n’a pas été efficace jusqu’au bout, comment ne jamais baisser les bras car même si la jammeuse a gagné notre point, on peut continuer à aider les autres à ne pas se faire dépasser. Elle nous apprend également à être le “sticky annoying blocker” (le bloqueur collant et chiant), comment avoir un mur efficace de 3 personnes, en gros comment devenir un gros cauchemar pour une jammeuse adverse!

Moi en tant que cobaye pour Bonnie D.Stroir

Moi en tant que cobaye pour Bonnie D.Stroir

Deuxième partie, la stratégie du jammeur. Ce qui était bien c’est que tous ces exercices ciblant les jammeuses étaient tout aussi bénéfiques pour les bloqueurs. Donc nous voilà en train de faire des exercices d’agilités, de faire des feintes, d’apprendre à coordonner la tête avec les pieds, de faire du bruit avec nos roues pour créer de l’anxiété, de trébucher pour sortir du pack, de toucher ses bloqueuses en douceur pour faire comprendre qu’on n’est pas un bloqueur adverse, etc. En gros, une grosse partie de rigolade pour tout le monde tout en apprenant énormément et en travaillant sérieusement, car faire un nouvel exercice de feintes n’est pas toujours… des plus effectifs du premier coup!! lol D’ailleurs elle est très douée pour apprendre des techniques, tout en mêlant des situations de la vie courante, tout en se moquant d’elle-même et en portant tout à la dérision… et ça marche! On a gardé toutes ses expressions et ses mises en scènes et c’est beaucoup plus simple pour expliquer les exercices à celles qui ne sont pas venues, et surtout se souvenir de ce qu’on doit faire. Je pense que la situation qui nous a le plus marqué, a été de faire le bébé quand quelqu’un te bloque en te poussant, elle nous disait de se retirer dessuite au lieu de pousser contre, ce qui est souvent inefficace et te fait perdre beaucoup d’énergie pour rien, et de dire “non” avec une voix de bébé. On se foutait d’elle mais on en rit toujours et on le fait tout le temps! Preuve que ses techniques d’apprentissage sont efficaces!! lol

Et pour finir ce bootcamp en beauté, on a fait une simulation de jeu. Elle nous a demandé de former 4 fois 2 packs égaux aux 4 coins de la piste donc on était environ 16 blancs et 16 noirs réparties dans des packs, et chaque personne passait en temps que jammeuse, que tu en sois une ou pas. (Donc vous imaginez la panique d’avoir 4packs complets sur la piste en même temps!) Et la règle était d’appliquer tout ce qu’elle nous avait appris au cours de ces deux jours! Exercice très sympa, même si parfois c’était un peu la panique, et au milieu de l’exercice, Bonnie s’est incrustée en tant que jammeuse… Et là on a pu admirer son talent! On était bluffées! En dépassant notre pack, elle a commencé à patiner en arrière, une de mes coéquipière à tenté de remonter à son niveau pour la bloquer, pensant que vu qu’elle patinait en arrière elle arriverait à la bloquer facilement et la sortir… erreur!! Bonnie l’a à peine touchée qu’elle a volée! De quoi ne pas trop te donner envie de retenter l’expérience! lol

Ce bootcamp était juste merveilleux, c’est une coach hors pair et je pense que beaucoup de monde a énormément de choses à apprendre d’elle! Elle prend vraiment le temps d’expliquer calmement, en faisant tout pour détendre l’atmosphère, les pauses pour pouvoir prendre des notes sur tout ce qu’on fait étaient aussi vraiment géniales et super bénéfiques, les exercices étaient appliqués rapidement pour avoir le temps de tout voir, mais assez longtemps pour les comprendre et bien les exécuter. Les “story time” où on s’assit toutes autour d’elle comme des gamines émerveillées à l’écouter nous donner des conseils et nous expliquer tous les comportements que nous devions avoir pour que notre équipe soit meilleures étaient vraiment supers. Ce sont des choses qu’on ne nous apprend pas en règle générale donc se poser pour être sûres de bien écouter et ne pas patiner autour étaient un plus. En résumé, tu ne passes pas 4h à enchaîner des exercices comme une tarée, en étant crevée et en n’arrivant plus à rien faire à la fin. Tout prendre calmement nous a vraiment permis de mieux apprendre, de mieux retenir et surtout ne pas voir le temps passer!! Un super souvenir à refaire dès que possible! Mais malheureusement pas avant un long moment car c’est sa dernière année en tant que coach. Elle reprend sa carrière l’an prochain avec les San Diego Derby Dolls!!

Pour en savoir plus sur elle, voilà une liste de liens (nombreux) allant vers ses pages internet :

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2 jours de bootcamp avec Bonnie D.Stroir – Jour 1

Départ de notre petite ville du Tennessee sous la neige, le dimanche 4 mars, pour 2 jours de bootcamp avec Bonnie D.Stroir, pas loin de Knoxville à 2h30 de chez nous! Les Hard Knox ont eu la gentillesse de partager cette expérience extraordinaire avec nous, la chance d’être entraînées pendant 2 jours par l’une des meilleures coachs de roller derby.

Donc nous voilà arrivées après cette longue route dans un skating-center aux lumières fluorescentes et vraiment immense (mais sans la piste clairement marquée au sol… un vrai handicap qui nous a valu plusieurs fois d’être près de l’accident…). Les Hard Knox sont déjà en piste en train de s’échauffer. On se change vite fait, je met 2h à réaliser que la fille qui se change à côté de nous est Bonnie D.Stroir, on raconte 2-3 conneries et nous voilà sur la piste pour nous échauffer à notre tour.

Le bootcamp commence. Bonnie a mis son micro à la Britney Spears, comme elle aime le rappeler, pour que tout le monde puisse l’entendre de partout et qu’elle n’ai pas à hurler. Tout le monde se fait rappeler à l’ordre, elle ne forcera pas la voix donc on a intérêt à se taire et interdiction de jouer avec les scratchs de nos protections car ça la déconcentre et elle perd vite le fil de ses mots, ce que tout le monde fait sans attendre tellement on a envie d’apprendre!! Ce petit bout de femme est assez bourru au premier abord, mais après deux-trois blagues, tout le monde se détend et se régale à faire les exercices et à l’écouter!

Lorsqu’elle explique qu’elle perd le cours de ses mots quand quelqu’un d’autre parle en même temps qu’elle ou que quelqu’un fait autre chose, on s’aperçoit qu’au milieu de ce groupe de joueuses se trouve une joueuse sourde et muette. Voilà une nouvelle preuve magnifique que le derby est vraiment fait pour tout le monde!! On apprend au cours de nos entraînement à Johnson City à communiquer à travers le regard dans le pack avec nos coéquipières, comme le fait si bien l’équipe de Nashville, et c’est en voyant des personnes avec cet handicap qu’on se rend compte de la nécessité de cet exercice et qu’elle n’a pas besoin de la parole et d’entendre pour bien jouer et comprendre le jeu. Juste une petite aparté pour rappeler que lors d’un entraînement nous sommes toutes égales, avec le même statut, et le derby permet cela. Oublier notre quotidien, nos problèmes journaliers, on se concentre comme tout le monde à s’entraîner au mieux pour progresser, et pour certaines c’est un moyen  d’oublier le temps d’un instant ce qui leur pourrit la vie au quotidien. Une des filles de mon équipe à un fort diabète donc elle passe les courtes pauses de l’entraînement à contrôler son taux de glycémie. Certaines filles peuvent également avoir des problèmes médicaux en tout genre, mais lors de l’entraînement, elles se battent pour que cet handicap quotidien n’en soit plus un, et je doute que pas mal d’entre vous peuvent m’affirmer qu’une de leur coéquipière à un problème de santé particulier. Donc celles qui ont la fâcheuse habitude d’aimer se plaindre un petit peu (on aime toutes le faire je l’avoue 😉 ), de dire souvent qu’elles sont fatiguées, et qui sont surtout en bonne santé, pensez que peut-être au sein de votre équipe l’une de vos coéquipière est vraiment fatiguée pour une bonne raison et ne s’en plains pas, et au fond d’elle, votre comportement doit la fait bouillir! 😉 Je pense que voir cette fille sourde et muette jouer aussi bien (voir même mieux) que tout le monde fait prendre conscience que ce sport magnifique que nous pratiquons nous met toutes sur le même pied d’égalité et est ouvert à toutes les différences quelles qu’elles soient. Nous rappeler cela nous a rendu toutes fières de faire partie de cette communauté et de nous battre pour accepter ces différences au quotidien!

Revenons à nos moutons! Donc nous voilà toutes calmes et attentives, buvant tous les mots qu’elle peut partager, cahiers et stylos prêts au milieu de la piste pour pouvoir prendre des notes (et les protections qui démangent ou qui serrent trop mais impossible de toucher les scratchs pour ne pas la déconcentrer…. c’est là où tu te rend compte que t’es vraiment insupportable tout au long de l’entraînement parce que t’as l’habitude de les réajuster tout le temps!) et nous commençons par du travail de bloc mi-positionnel mi-contact. Elle nous montre ce qu’on avait l’habitude de faire, et nous fait comprendre que le derby évolue tellement vite que tout ce que nous avons appris jusqu’à présent est toujours efficace mais commence à être dépassé et d’autres techniques sont beaucoup plus efficaces! Elle fait des références un peu bizarre pour illustrer tout ce qu’elle explique mais cela nous permet de mieux comprendre. On parle d’eaux profondes, de requins, elle nous explique où regarder lorsque l’on se prépare à faire un mur (des trucs tout bêtes mais auxquels on ne pense même plus et donc qu’on fait mal…), on fait des mathématiques avec les angles de positionnement lors d’un bloc, elle nous donne des techniques pour bloquer efficacement même si t’es un poids plume et que tu veux bloquer une fille plus solide que toi (youpi!!!), elle nous apprend à induire en erreur la jammeuse et lui faire croire pleins de choses concernant le jeu que tu va mettre en place, elle nous apprend cette fameuse position de bloc positionnel si artistique que fait si bien toutes les meilleures joueuses comme Suzy Hotrod, elle nous parle d’écouter la mer dans un coquillage (ou plutôt dans les seins de la fille qu’on essaie de bloquer! lol oui oui vous avez bien lu!), et j’en passe. Toutes les explications sont mises en pratique un cours moment pour que tout le monde assimile au mieux et elle nous accorde souvent du temps pour prendre des notes sur tout ce qu’elle raconte, en dehors du moment où elle nous explique les exercices pour qu’on soit un maximum attentives.

Ensuite, nous passons à la partie agilité! Et là, la partie de rigolade commence! Elle nous apprend et fait faire tout ce que l’on évite en étant débutantes pour ne pas paraître trop cons sur nos patins lorsque l’on perd l’équilibre. Elle nous fait faire pleins de petits exercices pour mettre notre corps dans certaines situations que l’on ne désire pas, comme des pertes d’équilibre juste pour que notre corps l’assimile au mieux et que lorsque cela nous arrive en cours de match notre corps reconnaisse cette situation et sache réagir en conséquence. Ça a l’air tordu comme ça mais ça marche vraiment! Cela permet de retrouver plus vite l’équilibre et de ne pas s’écraser lamentablement (car ça nous savons déjà le faire 😉 )! Donc nous voilà en train de nous déhancher dans tous les sens, de faire des baseball slides en nous roulant par terre, de tourner sur nous même comme des danseuses (j’ai beaucoup fait rire mes coéquipières car apparemment j’étais très gracieuse en faisant ça… pourtant je ne pense jamais l’avoir été durant mes années de danse lol), de trébucher à tout va, tout ça agrémenté de conseils concernant la musculation nécessaire pour éviter les blessures. En somme, une bonne partie de rigolade, qui nous fait toutes redevenir des gamines le temps d’un instant, tout en apprenant énormément!

Trois heures déjà passées (trop vite) à faire des exercices en tout genre et pour cette dernière heure elle nous demande de toutes nous asseoir autour d’elle pour le “story time”! Et l’expression colle très bien à la situation, on dirait toutes des petites filles amassées autour d’elle, prêtes à avoir notre histoire du soir avant d’aller dormir! Donc l’histoire qu’elle nous a racontée concerne le jeu mental. Chose dont on ne nous parle jamais, mais qui est une des choses les plus importantes au cours d’un match! Elle nous donne des exemples personnels pour nous illustrer toutes les situations et je peux dire que personnellement sur ce point j’ai énormément de travail à faire!!! lol Surtout en France car aux US, vu que râler en anglais est moins facile, je ne le fais que très rarement… mais je suis de nature très râleuse (et je travaille très dur pour changer ça!) donc le naturel revient très vite au galop 😉 Donc elle nous décortique tout ça en nous expliquant qu’il y a 3 zones lors un match, où l’on doit se comporter différemment partout pour garder un environnement sein, serein et installer un esprit de confiance au sein de l’équipe. Les 3 zones étant le banc, la piste et la prison. J’ai adoré son expression concernant le banc: “Don’t shit where you eat”! Je vous laisse l’interpréter comme vous le désirez 😉 Elle nous explique comment se comporter avec nos coéquipières mais également avec nous-même et elle nous rappelle notre implication dans l’équipe tout en étant sur le banc. Elle lie tout cela également au comportement de nos coachs, qui peut parfois paraître loufoque et marrant, sans penser qu’il ai un impact quelconque sur nous, mais qui au font n’agit pas positivement sur l’inconscient des joueuses et se répercute sur le jeu. Je ne l’aurais pas pensé personnellement car je suis tellement concentrée sur mon match que le coach peut gesticuler et crier comme il le souhaite, ça ne me marque pas plus que ça… et pourtant…on a fait l’expérience depuis car notre coach aux US est de ce genre et on a vu un changement de jeu lorsqu’il est calme et lorsqu’il est intenable. Tout ce qu’elle nous dit nous parait logique, mais on y pense que très rarement! Elle nous explique aussi comment se comporter mentalement sur la piste pour induire en erreur l’adversaire, j’y aurai jamais pensé mais nous l’avons testé et ses techniques sont très efficaces! Elle nous explique que lors d’un match nous sommes là pour prendre du plaisir mais pas seulement, il y a tout un processus derrière la préparation d’un match et elle nous rappelle cela par l’expression “It’s not about fun, it’s about discipline” (ce n’est pas qu’une question de plaisir, il s’agit de discipline). Elle nous explique ensuite les différences entre être sur le banc et être en prison sur le point de vue mental, alors que l’on pensait pour la plupart que dans les deux cas on posait nos fesses sur un banc tout en reprenant notre esprit.

4h de bootcamp avec une seule pause pour boire (et oui! mais sérieusement je n’ai pas pensé une seule fois à boire tellement j’étais concentrée à l’écouter et appliquer ses exercices) et tellement de choses apprises!

On a seulement été trois à rester sur place pour éviter les 5h de route par jour (on a quand même réussi à conduire 40min pour essayer de retourner sur Knoxville pour trouver un hôtel…. et au bout d’un moment, qu’est ce qu’on voit sur le côté de la route… le skating-center où nous avions passé la soirée! Oui nous avons fait une énorme boucle pendant 40min grâce au gps!!!). Et on a apprécié notre petite soirée calées tranquilles dans notre chambre d’hôtel à boire une petite bière (et manger un fast food car on était au milieu de nulle part et on avait que ce choix…) au lieu de faire la longue route en pleine nuit!

To be continued…